La réponse courte
Une page Facebook et un site web ne font pas le même travail. La page sert à animer une communauté qui vous connaît déjà : annoncer un événement, partager des photos, répondre à des commentaires. Le site sert de base stable : c'est là que les personnes qui ne vous connaissent pas encore trouvent qui vous êtes, ce que vous faites et comment vous contacter.
Pour la plupart des associations, la bonne réponse n'est donc pas « l'un ou l'autre », mais « le site d'abord, la page Facebook en relais ». Voici pourquoi, et comment démarrer simplement.
Ce que Facebook fait bien
Il serait injuste de dire que Facebook ne sert à rien. Une page est gratuite, rapide à créer, et elle vous met en contact avec des personnes qui sont déjà sur la plateforme. Elle convient bien pour :
- annoncer un événement et recueillir les réponses de vos membres ;
- partager des photos et des nouvelles de la vie de l'association ;
- échanger avec vos adhérents et vos bénévoles actuels ;
- faire circuler un message dans les groupes locaux.
Si votre objectif est surtout de garder le lien avec une communauté existante, une page peut déjà faire une grande partie du travail.
Ce qu'une page Facebook ne vous donne pas
Vous n'en êtes pas propriétaire
Votre page vit sur une plateforme dont les conditions d'utilisation peuvent changer, et qui peut restreindre ou suspendre une page. Les recours passent alors par le support de la plateforme, avec des délais que vous ne maîtrisez pas. Avec un site à votre nom de domaine, vos contenus restent chez vous.
Vous ne contrôlez pas qui voit vos publications
Ce que vos abonnés voient dépend des choix d'affichage de la plateforme, qui évoluent. Une publication importante peut ne pas toucher une partie de vos abonnés. Sur un site, une page reste accessible à la même adresse, pour tous, tant que vous la laissez en ligne.
Vous ne possédez pas la liste de vos contacts
Un abonné à votre page n'est pas un contact dont vous avez l'adresse. Si la page disparaît, le lien avec ces personnes disparaît aussi. Un site permet de proposer une lettre d'information : vous recueillez l'adresse email avec le consentement de la personne, vous précisez l'usage que vous en faites et vous permettez de se désinscrire à tout moment. C'est de cette façon que se construit une liste de contacts qui vous appartient vraiment.
Vous n'avez pas une page par sujet
Une personne qui cherche « devenir bénévole » ou « horaires de permanence » dans votre ville a besoin d'une page qui répond à cette question précise. Sur un site, vous pouvez créer une page par sujet, avec un titre clair, qui peut être trouvée par les moteurs de recherche. Sur un réseau social, l'information est noyée dans un fil de publications.
Vous ne répondez pas aux exigences de certains programmes
Le programme Google Ad Grants, qui offre aux associations éligibles jusqu'à 10 000 $ de publicité par mois, exige que l'association soit propriétaire du domaine vers lequel pointent les annonces. D'après la politique officielle de Google, le domaine ne peut pas rediriger vers une page de réseau social. Sans site à vous, ce programme est donc hors de portée. Nous détaillons ses règles dans notre guide Google Ad Grants : les règles à respecter.
À retenir. Une page Facebook publique peut apparaître dans les résultats d'un moteur de recherche, mais vous ne maîtrisez ni la manière dont elle s'affiche, ni sa durée de vie, ni la liste des personnes qui la lisent. Un site à votre nom de domaine vous redonne cette maîtrise.
Les deux se complètent : qui sert à quoi
La page Facebook sert à…
- animer la communauté actuelle ;
- annoncer les événements ;
- partager la vie de l'association ;
- renvoyer vers le site.
Le site sert à…
- être trouvé par des inconnus ;
- présenter la mission, le statut et les contacts ;
- recueillir dons, inscriptions et adresses email ;
- répondre aux exigences de programmes comme Ad Grants.
Ils travaillent mieux ensemble : chaque publication Facebook peut renvoyer vers une page du site qui détaille le sujet, et le site peut afficher un lien vers votre page pour que les visiteurs vous suivent.
Un site à vous se relie aux outils de Google
Un site sert aussi de point d'appui à plusieurs outils de Google (notre lecture). Voici ceux à connaître quand on débute.
- Recherche Googletrouve vos pages en suivant les liens
- Search Consolemontre comment votre site apparaît
- Fiche Google et Mapssi vous accueillez du public
- Page Facebookpeut renvoyer vers votre site
La recherche Google. D'après le guide officiel de Google pour débuter, ses robots suivent les liens de page en page et ajoutent les pages qu'ils découvrent à un index ; il suffit en général de publier son site, surtout grâce aux liens qui viennent d'autres pages déjà connues. Selon nous, un site permet d'avoir une page par sujet : une réponse à chaque question que vos futurs bénévoles tapent.
La Search Console. D'après sa page de présentation, c'est « un service gratuit » de Google pour aider à contrôler et maintenir la présence de votre site dans les résultats de recherche Google. Elle sert à suivre sa visibilité : nombre de clics et d'impressions, pages que Google a trouvées, et, pour une page qui pose problème, la façon dont Google la voit.
La fiche Google et Google Maps. Si votre association accueille du public à une adresse précise, elle peut créer ou revendiquer une fiche d'établissement Google (Business Profile), celle qui apparaît dans Google Maps et dans la recherche Google à proximité. D'après l'aide de Google, il faut ensuite la faire valider pour qu'elle s'affiche. Cette fiche a un champ pour l'adresse de votre site. Google écrit que les établissements qui donnent des informations complètes et exactes « ont plus de chances d'apparaître » dans les résultats de recherche à proximité : c'est une probabilité, pas une promesse. D'après la page d'aide sur la validation, Google valide parfois une fiche instantanément, par exemple en validant le site dans la Search Console.
À retenir. La fiche et le site ne se remplacent pas : la fiche aide à être trouvé près de chez vous, le site raconte le reste. C'est notre lecture, Google ne la formule pas ainsi.
Un site minimal pour démarrer
Pas besoin de vingt pages. Pour une première version utile, cinq pages suffisent :
- Qui sommes-nousmission, statut, siège, RNA et SIRET
- Nos activitésce que vous faites, lieux et horaires
- Contactemail, téléphone, adresse
- Mentions légales et confidentialitéqui édite le site, données
- Accueil : en deux phrases, qui vous êtes, pour qui, et ce que le visiteur peut faire (adhérer, aider, contacter).
- Qui sommes-nous : la mission, le statut juridique, le siège, les numéros RNA et SIRET.
- Nos activités : ce que vous faites concrètement, avec lieux et horaires.
- Contact : une adresse email, un téléphone, une adresse postale.
- Mentions légales et confidentialité : qui édite le site, qui l'héberge, comment sont traitées les données.
Ajoutez un lien de don ou d'adhésion si vous en avez un, vers une page sécurisée qui fonctionne. Publiez seulement ce qui est vrai et à jour : une page « en construction » fait plus de mal que l'absence de page.
Comment choisir l'outil pour créer le site
Il existe de nombreuses façons de créer un site, gratuites ou payantes. Plutôt que de comparer des prix qui changent, vérifiez ces points avant de vous engager :
- Pouvez-vous utiliser votre propre nom de domaine, par exemple celui de votre association, et en rester propriétaire ?
- Le site est-il servi en HTTPS sur tout le domaine ?
- Gardez-vous la main sur le contenu, avec la possibilité de l'exporter si vous changez d'outil ?
- Le site s'affiche-t-il correctement et rapidement sur mobile ?
- Une personne de l'association saura-t-elle le mettre à jour dans la durée ?
Pour Google Ad Grants, la politique officielle ne parle pas des outils de création de site : ce qu'elle exige, c'est que vous soyez propriétaire du domaine et que vous en ayez le contrôle administratif.
Le test de 15 minutes
Pour voir ce que voient vos futurs bénévoles et adhérents, faites ce test avec un navigateur en navigation privée et cochez chaque étape :
Vous savez maintenant ce que voient vos futurs bénévoles. Prochaine étape : créer la première page de votre site.
Vous pouvez nous envoyer le résultat par la page contact : nous vous répondons gratuitement.